samedi 12 novembre 2011

La crise...

« Les finances publiques doivent être saines, le budjet doit être équilibré, la dette publique doit être réduite, l'arrogance de l'administration doit être combattue et contrôlée et l'aide publique aux pays étrangers doit être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite, et la population doit apprendre à travailler au lieu de vivre de l'aide publique. »
Marcus Tullius Cicero, écrivain, orateur et homme d’État romain (106-43 av. J.-C.)
Qu'est-ce que la crise ?
  1. Une crise économique est une dégradation brutale de la situation économique d'un pays ou d'une zone économique, conséquence d'un décalage entre la production et la consommation. Elle se traduit par une forte augmentation du chômage, par une baisse du PIB (Produit Intérieur Brut), un accroissement du nombre de faillites, une baisse du pouvoir d'achat…
    La crise économique la plus grave de l'histoire moderne, au niveau mondial, a été celle de 1929.
    Une récession est une forme légère de crise économique, tandis que la dépression en est une forme plus profonde.
  2. Une crise politique est un moment important, grave et parfois décisif dans la vie d'une institution. Elle reflète l'inadéquation manifeste entre l'organisation d'une institution politique ou publique et la réalité. Exemple : crise ministérielle lors de la chute d'un gouvernement, jusqu'à la constitution d'un nouveau cabinet.
    Une crise peut provoquer des manifestations, des grèves, des mouvements sociaux, des émeutes voire une révolte ou une révolution.
    On distingue la crise institutionnelle pouvant déboucher sur une nouvelle forme de régime politique avec changement de Constitution, de la crise de régime pouvant provoquer une alternance de gouvernement.
Qu'est-ce que la récession ?
En économie, une récession est une période de diminution passagère de l'activité économique. La définition est variable d'un pays à l'autre. Pour certains, comme aux États-Unis, elle est définie comme une période d'au moins deux trimestres consécutifs avec une baisse du PIB (Produit intérieur brut). Dans d'autres pays, on parle de récession dès qu'il y a un ralentissement de la croissance c'est-à-dire une baisse des taux de croissance, même s'ils restent positifs.
Une récession est globale lorsqu'elle touche à la fois la production industrielle, le commerce à travers les échanges internationaux, l'emploi, le niveau des revenus ainsi que la consommation des ménages.
La récession est l'une des phases du cycle économique dans le système capitaliste : expansion, crise, récession, reprise.
La récession se distingue de la dépression où la diminution du PIB est durable et où l'activité économique ne se redresse pas naturellement.
En France, les trois dernières récessions ont eu lieu en 1974, 1993 et 2008.
Qu'est-ce qu'une dépression ?
En économie, on appelle dépression une forme grave de crise qui se caractérise par un ralentissement important et durable de l'activité économique : production, investissement, consommation.
La dépression est associée à une baisse des prix et à une forte augmentation du chômage. La sortie de la dépression économique nécessite une intervention importante des États.
La dépression se distingue ainsi de la récession qui est une crise passagère.
Lorsqu'elle est considérée comme l'une des phases d'un cycle économique, elle ne remet pas nécessairement en cause le système économique lui-même.
Exemple : la Grande dépression des années 1930, qui a affecté tous les pays occidentaux, et plus particulièrement les États-Unis.
Crise du capitalisme : se réapproprier la politique.
La crise financière de 2008, commencée avec celle des "subprimes" en 2007, est une nouvelle crise du capitalisme telle que l'on en connaît cycliquement depuis le XIXe siècle. L'ultralibéralisme mis en place sous les régimes Thatcher et Reagan dans les années 1980, ne pouvait qu'accélérer le phénomène.
La voracité et l'obsession du gain du capitalisme financier gonflé comme une baudruche à force de spéculation pour toujours plus de profits, viennent de provoquer explosion en plein vol de celui-ci. Alors que les patrons des banques sautent avec leur parachute doré, le "marché " n'a pu que se raccrocher aux parachutes des Etats, autrefois dédaignés car considérés comme empêcheurs de gagner en rond. Le véritable slogan se révèle être : "individualisation des gains, mutualisation des pertes".
Pour avoir comme valeur fondamentale et comme but dans l'existence la possession de toujours plus de richesses, quitte à appauvrir des millions de personnes, l'ultralibéralisme vient de mener le monde au bord du gouffre. La crise est là et elle sera dure, aussi profonde que les tours du capitalisme financier sont hautes.
Désormais, plus rien ne pourra être comme avant. Nous allons entrer dans un autre monde sans que personne ne puisse savoir exactement de quoi il sera fait. En effet, c'est lors des crises qu'interviennent les grands changements. Contrairement à l'idée communément admise, l'histoire humaine n'est pas un long fleuve tranquille. Elle est cycliquement soumise à de grands et profonds bouleversements que ce soit au niveau des idées ou de l'organisation sociale. La relative stabilité des soixante dernières années a eu tendance à nous le faire oublier.
Nous sommes sans doute face à l'une de ces ruptures qui changent le sens de l'histoire, pour du meilleur ou pour du pire. Nous avons une chance unique de pouvoir agir pour éviter le scénario qui se profile, à savoir le capitalisme d’État, solution de rafistolage et transitoire qui remettra tôt au tard sur les rails un libéralisme débridé.
Ne laissons plus à la seule fausse gauche, celle qui a déjà montré son allégeance au système en place, le soin de défendre nos intérêts. Il est temps que les citoyens se réapproprient le domaine de la politique pour définir et promouvoir un autre modèle d'organisation de la société, rétribuant mieux le travail, fondé sur la liberté, la créativité, l'égalité des chances, la solidarité, la proximité, l'éducation…. Bref, un modèle fondé non plus sur l'« avoir », c'est-à-dire la possession, mais sur l'« être ».
(Sources : Pierre Tourev, 18/10/2008 – toupie.org)
Qu'est-ce que le capitalisme ?
Le capitalisme est le régime économique et juridique d'une société dans laquelle les moyens de production n'appartiennent pas à ceux qui les mettent en œuvre.
Le capitalisme est fondé sur :
  • l'entreprise privée (il peut exister un capitalisme d’État) ;
  • la liberté des échanges ;
  • le pouvoir des actionnaires ;
  • la recherche de profit considéré comme une contrepartie au risque encouru ;
  • l'accumulation du capital.
Dans la pratique chacune de ces caractéristiques peut être plus ou moins accentuée, donnant à la notion de capitalisme une grande diversité des formes.
Le capitalisme moderne, qui se caractérise par un partage du capital de l'entreprise entre plusieurs, voire une multitude, de propriétaires, les actionnaires, recherche davantage de sécurité et une certaine puissance visant à influencer les décisions politiques. Le profit réalisé par l'entreprise a tendance à se répartir davantage entre l’État et l'entreprise elle-même (autofinancement qui accroît néanmoins sa valeur) au détriment de la distribution de plus-values immédiates (les dividendes) aux actionnaires.
Pour le marxisme, le capitalisme est un système politique, économique et social dont le principe fondamental est la recherche systématique de plus-values obtenues grâce à l'exploitation des travailleurs par les propriétaires des moyens de production et de distribution. Leur but est de transformer la plus grande partie possible de ces plus-values en capital supplémentaire qui engendrera à son tour davantage de plus-values.
Le mot "capitalisme" a acquis avec la critique marxiste une connotation péjorative ; aussi, ses défenseurs parlent plutôt de "libre entreprise" ou de "libéralisme".
Pour le capitalisme, tout tend à devenir marchandise et en premier lieu l'homme, (la santé, le sang, les organes, la procréation...), l'éducation, la connaissance, la recherche scientifique, les œuvres artistiques...
Qu'est-ce que le libéralisme ?
Historiquement, le libéralisme est une doctrine politique, apparue au XIXe siècle, qui réclamait la liberté politique, religieuse, économique, etc., dans l'esprit des principes de 1789. L'anglais John Locke (1632-1704), qui a fait de l'individu et de ses droits inaliénables (liberté, propriété...) le centre et l'origine des relations sociales, en fut l'un des précurseurs
En matière politique, le libéralisme est, de nos jours, une attitude qui défend la démocratie politique et les libertés individuelles. (opposé : totalitarisme).
En matière économique, le libéralisme est une doctrine qui défend la libre entreprise et la liberté du marché. Le principe fondamental du libéralisme est qu'il existe un ordre naturel qui tend à conduire le système économique vers l'équilibre. La loi de l'offre et de la demande, par exemple, conduit à l'équilibre entre la production et la consommation sous réserve de liberté des marchés et de libre concurrence, seules censées garantir l'ajustement optimum des ressources disponibles (offre) à la demande. S'il peut agir librement, l'homme en tant que premier agent économique peut atteindre cet ordre naturel. Les intérêts de l'individu et de la société sont alors convergents.
Le libéralisme économique s'oppose au contrôle par l’État des moyens de production et à l'intervention de celui-ci dans l'économie, si ce n'est pour coordonner les entreprises ou garantir un marché équitable (opposé : étatisme, dirigisme, socialisme, communisme).
Critiques faites au libéralisme.
Le projet global du libéralisme, mis en œuvre à partir des années 80, consiste à transformer la société pour qu'elle réponde pleinement aux exigences du capitalisme :
  • libre circulation des capitaux,
  • mise en concurrence des travailleurs et nivellement par le bas des salaires et droits sociaux,
  • suppression de services publics,
  • suprématie absolue de l'économie.
Le libéralisme est devenu le fondement des grandes instances mondiales, comme l'OMC ou le FMI qui par leur supra-nationalité échappe à toute légitimité démocratique. Il est le seul modèle enseigné dans les grandes écoles où aucune autre vision n'est étudiée. Il est la seule logique des grandes entreprises et du capitalisme et tend à devenir la seule référence des gouvernements, de droite comme de gauche.
Présenté comme loi naturelle, le libéralisme devient alors intouchable, ce qui lui permet d'échapper aux aléas électoraux du jeu démocratique.
Crise financière mondiale et citations exemplaires.
Qui aurait cru que l’auteur de la Constitution américaine ait été à ce point visionnaire sur l’origine de la crise financière actuelle qui est partie des États-Unis. La citation qui suit devrait peut-être devenir une source d’inspiration pour la rédaction d’un nouvel amendement de la constitution américaine.
« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis ».
(Extrait d’un discours de Thomas Jefferson de 1802)
Thomas Jefferson a été en 1776 le rédacteur de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis, secrétaire d’État de Georges Washington, 3ème Président des États-Unis). Jefferson fut aussi ambassadeur des États-Unis en France avec qui il négocia des traités commerciaux. A son retour aux États-Unis, en 1790, il devient secrétaire d’État de Georges Washington, le premier Président des États-Unis. Il devint Président des États-Unis en 1800.
Profit, précarité, endettement, crise : l'infernal engrenage.
En une trentaine d'années, le capitalisme est parvenu à affaiblir le prolétariat et le syndicalisme, à un point tel qu'il ne rencontre plus aucune résistance. Il a ainsi pu fixer les règles du jeu : toujours plus de profit, en s'appuyant sur les écarts de coûts de main d'œuvre entre les pays. Pour enjoliver la réalité, de nouveaux mots ont été mis en avant : le libéralisme qui a une connotation plus positive que le capitalisme ou encore la mondialisation dont le volet le plus sombre est la mise en concurrence déloyale des salariés pour casser 150 ans d'acquis sociaux.
Ayant les mains libres, les capitalistes, car il faut bien appeler un chat un chat, n'ont eu pour seul objectif que d'accroître leurs profits. 10%, 15%, 20% de bénéfice par an, tels sont les rendements recherchés. C'est là que le cercle vicieux s'enclenche. Ainsi, en l'absence de résistance de la part des salariés, le capitalisme a pu faire pression sur les charges de personnel au point de faire baisser de 12% (voir note en fin de paragraphe) en vingt ans la part des salaires et cotisations dans le PIB (Produit Intérieur Brut).
Outre le développement du chômage, de la précarité et des travailleurs pauvres, cela conduit mécaniquement à un déséquilibre entre les revenus disponibles au sein des ménages et ce que les entreprises souhaitent produire et vendre pour garantir aux actionnaires les bénéfices attendus.
  • Et si les ménages disposent de revenus insuffisants pour consommer ?
  • Qu'à cela ne tienne ! Ils peuvent emprunter !
Ainsi, le manque de revenus des ménages est compensé par leur endettement. Mais, outre les intérêts à payer aux banques, ces dettes devront être remboursées, réduisant d'autant les revenus disponibles dans le futur. D'où une incitation à s'endetter toujours plus afin de garantir le niveau de consommation requis pour faire tourner la machine à accumuler le capital.
Mais l'endettement des ménages a une limite que la crise des "subprimes" a brutalement rappelée. Un tel système ne peut que s'effondrer, d'abord financièrement à cause des dettes "pourries", puis économiquement. En effet, les ménages insolvables ou précarisés ne pourront plus consommer suffisamment, tarissant de la sorte le carburant à l'économie.
On voit donc comment le capitalisme, par la recherche du profit à tout prix et à court terme est en train de scier la branche qui le supporte. Il est le seul responsable des crises cycliques qu'il génère et de l'accroissement de la misère.
(note) Pour la France. Source : 19e édition du rapport "L’emploi en Europe" publié par la Commission européenne, fin novembre 2007
(Source : Pierre Tourev, 08/11/2008 – toupie.org)
Crise : le pire est devant nous si...
"Le marché ne se trompe pas."
"La main invisible qui le guide indique toujours la bonne direction."
Le credo des gourous de l'économie ultralibérale a conduit l'économie dans le mur, pour ne pas dire au fond du gouffre. Et la main invisible, c'est "dans la figure" qu'elle leur est revenue, comme le relève fort justement le Canard Enchaîné du 4 février 2009.
Il n'est bien sûr pas question pour eux de remettre en cause le fondement du système capitaliste. Tout au mieux, il faut "éviter les erreurs à ne plus faire", "avoir une meilleure régulation". Mais ils ne font aucune analyse critique des fondements mêmes du capitalisme caractérisé par l'accumulation sans limite des richesses, et donc du pouvoir, entre les mains d'une extrême minorité dont le seul but est de s'enrichir toujours plus au détriment de l'immense majorité, pour ne pas risquer de diluer leur pouvoir.
Nicolas Sarkozy, quant à lui, ne fait que proposer de changer la tapisserie, et croit régler la crise par un coup d'éclat médiatique en demandant aux banquiers en difficulté de renoncer à leur bonus. Comme si priver d'argent de poche ces boucs émissaires (même s'il est vrai qu'ils ont leur part de responsabilité), allait faire redémarrer l'économie.
Les plans de relance et les quelques mesures prises pour amoindrir les effets de la crise - moyens faibles en comparaison avec le soutien apporté aux banquiers et aux industriels - ne sont qu'une tentative pour remettre en route le moteur, mais pour aller toujours dans la même direction, vers toujours plus d'inégalités, d'endettement. Et si jamais le moteur de l'économie repart, il ne tardera pas à caler à nouveau. En effet, la richesse produite étant mal répartie entre le capital et le travail, les travailleurs qui sont aussi les consommateurs, devront s'endetter encore plus pour assumer le rôle qu'on attend d'eux, jusqu'à ce que le système s'effondre à nouveau.
Un tel scénario ne peut que finir par le chaos, la guerre civile, la guerre tout court, le retour au Moyen Age… ou par un régime totalitaire chargé de préserver la sérénité et la fortune de la classe dominante.
Bref, le pire est devant nous, s'il n'y a pas un sursaut des citoyens et des "sans-culottes" endormis.
Sans prétention d'exhaustivité ni d'avoir découvert la panacée, voici quelques propositions pour créer les bases d'un monde nouveau.
Créer de nouvelles marges de manœuvre :
  • Mettre un terme à l'accumulation du capital en plafonnant les transmissions d'héritage.
  • Supprimer le bouclier et les niches fiscales.
  • Taxer les transactions financières et les dividendes versés aux actionnaires.
  • Mettre en place une fiscalité qui soit un levier de la justice sociale.
  • Taxer la publicité.
Assainir l'économie :
  • Abandonner l'indicateur de croissance basé sur le PIB au profit d'un indicateur basé sur le développement humain, comme l'IDH.
  • Interdire la spéculation et le marché à terme.
  • Interdire la distribution des dividendes pendant 3 ans en incitant les entreprises à augmenter les salaires, à baisser leur prix (ces deux mesures contribuant à la hausse du pouvoir d'achat) et se désendetter.
  • Surtaxer les plus-values boursières réalisées à court.
  • Supprimer le crédit à la consommation
  • Interdire les licenciements dans les entreprises qui réalisent des profits
  • Interdire toute transaction financière avec les "paradis fiscaux".
  • Conduire une politique rigoureuse de dépenses publiques dans le but de réduire l'endettement du pays.
Mieux répartir le travail par la mise à la retraite d'office des salariés à haut revenu ayant cumulé tout au long de leur vie un montant donné de salaire (exprimé par exemple en n fois le salaire minimum mensuel). Les personnes ainsi priées de laisser la place aux jeunes auront tout loisir de créer leur propre entreprise ou de donner de leur temps à la collectivité.
Mener une politique ambitieuse de construction de logements sociaux, d'éducation, de protection de l'environnement, d'aménagement du territoire et de développement de la recherche.
(Source : Pierre Tourev, 21/02/2009 – toupie.org)
(Les articles et définitions proviennent du site toupie.org à l'exception de ceux dont les références sont précisées)

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