vendredi 25 mars 2011

La vague bleu Marine...

Petit exercice de littérature potentielle.
J'ai décidé de me détendre en me livrant à un petit exercice de littérature potentielle à partir d'une expression prise tout à fait au hasard dans l'actualité de ces derniers temps. Le dicton populaire qui prétend que « Le hasard fait bien les choses ! » pourra laisser deviner que j'avais une petite idée derrière la tête. Cette idée, la voici !
Tout le monde sait désormais que Marine Le Pen a succédé à son père à la tête du Front National. Les concernés disent qu'il n'y a pas eu succession mais élection et que ce n'est pas du tout pareil. La subtilité a failli passionner les journalistes qui se seraient livré à des exégèses interminables si l'actualité n'avait pas été brutalement encombrée comme elle l'a été. En effet, entre les révolutions dites « du monde arabe », le tsunami et les centrales nucléaires du Japon, la Libye et le démarrage brutal des campagnes de certains candidats « présidentiables », il n'y avait plus de place pour rien (pas même ma propre candidature dont on se demande ce qu'elle a bien pu devenir dans la tourmente !)
Sur le haut des affiches du Front National, est inscrite, en majuscule, cette maxime ou cette expression (comme on voudra) : « Contre le système UMPS, la vague bleu Marine ». (voir l'exemple en image !)
Je me suis posé la question toute simple : qu'est-ce que ça veut dire ?
Pour répondre à cette question, j'ai utilisé la méthode décrite ci-dessous.
La littérature définitionnelle : c'est l'art de remplacer un mot par sa définition, de manière de plus en plus spécifique et original. De telle sorte qu'une phrase toute bête comme : " Un chat boit du lait " pourrait devenir : " Un petit mammifère familier à poil doux, aux yeux oblongs et brillants, et aux oreilles triangulaires effectue l'action de boire un liquide nutritif blanc et crémeux riche en lactose."
Je reprends donc le slogan du Front National pour le décortiquer.
« Contre le système UMPS, la vague bleu Marine. »
A priori, l'absence de verbe reliant les deux groupes de mots, dont la place est ici indiquée par la virgule qui n'existe pas sur l'affiche, est intentionnelle. Les deux groupes sont donc liés l'un à l'autre par un lien de cause à effet, ou de concession à perpétuité. Autre élément intéressant, si le premier groupe est introduit par une préposition qui a un sens probable d'opposition ou de défaveur, bref, quelque chose de négatif, le second doit être positif. Pour le peu qu'ils aient la même valeur, et c'est mathématique, la somme de ces deux groupes, l'un négatif et l'autre positif, serait égal à zéro, c'est à dire rien.
Que peut on dire de la partie négative qui est « Contre le système UMPS » ?
Définition de système :
  • Un système est un ensemble d'éléments interagissant entre eux selon un certain nombre de principes ou règles.
  • Ensemble d’éléments, de concepts articulés dans une structure; organisation politique ou sociale; ensemble de propositions, de principes vrais ou faux mis dans un certain ordre et enchaînés ensemble, de manière à en tirer des conséquences et à s’en servir pour établir une opinion, une doctrine.
Pour ceux qui n'auraient pas compris, l'UMPS et une contraction de UMP et de PS. Marine Le Pen met donc dans un même sac les deux partis politiques, les considérant comme analogues. Je ne vais pas juger ce procédé un peu hâtif mais il est vrai que depuis 1981, la gauche et la droite ont eu des comportements fort étranges notamment sur l'Europe, Maastricht, les privatisations (commencées par les uns, terminées par les autres et réciproquement), les accords du GATT de 1994, et la liste pourrait s'allonger indéfiniment. Pour le Front National, les deux partis (UMP et PS) ne font donc qu'un seul bloc.
Définitions de bloc :
  • Tout édifice quelconque, généralement à plusieurs corps de logis, remarquable par ses proportions relativement considérables, à côté des constructions d'alentour.
  • Désigne un ensemble d'éléments actifs et d'observatoires concourant à une même mission.
  • Période de flemme pour certains, d'étude ou d'angoisse pour d'autres, le bloc ultime précédant l'examen de fin d'année.
Au vu de ces définitions, il serait effectivement permis de parler d'UMPS sans craindre de pasticher le Front National mais uniquement si les raccourcis ne dérangent pas. Si des analogies, ou des similitudes, existent dans les comportements et les actions passées de ces deux partis, des convergences thématiques et des propos dont le ton sonne pareillement entre le FN et l'UMP ont été relevées par des journalistes. Des sujets rapprochent ces deux derniers partis, même s'ils s'en défendent : l'immigration, l'islam pour ne citer que ceux-là. Finalement, quitte à parler de bloc, dans le sens de « Masse, gros morceau d’une matière pesante et dure, telle que la pierre, le marbre, le fer non encore travaillés » pourquoi ne pas y mettre tout simplement le FNUMPS (acronyme de « Fabriquez-Nous Un Mauvais Projet de Société »)
Passons au groupe de mots supposé positif : « la vague bleu marine »
Définitions de vague :
  • Masse d’eau de la mer, d’un lac, d’une rivière, qui est agitée ou soulevée par les vents ou par toute autre impulsion.
    La première impression qui se dégage de cette définition, c'est qu'il est question d'eau, et pas n'importe quelle eau : une masse d'eau.
    Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse inerte) et l'autre la contribution du corps à la force de gravitation (la masse grave).
    Eau : Liquide transparent, incolore, inodore et insipide à l’état pur qui est le principal constituant des lacs, rivières, mers et océans.
    Une masse d'eau est donc une grosse quantité inerte et lourde de liquide transparent, incolore, inodore et insipide. La vague est le résultat de l'action du vent sur cette lourde masse. Du vent pour les discours et de l'eau pour noyer le poisson, tous les ingrédients sont réunis pour une campagne électorale tapageuse !
  • Grand espace vide ou que l’on se figure comme tel.
    Le vide est ordinairement défini comme l'absence de matière dans une zone d'espace.
    C'est également le nom donné à un défilé populaire derrière un orchestre dans les rues pendant la période du Carnaval.
    Par manque de chance, le choix du terme de vague, même s'il semblait judicieux à l'origine, laisse plutôt la nette impression d'une place remplie par rien. La solution proposée pour contrer le bloc formé par les deux grands partis traditionnels (plutôt que l'UMP et le PS, je préfèrerais parler de la gauche et la droite traditionnelle) repose sur du vent, du creux et une vive impression de vacuité. Pourtant, lorsque j'écoute les discours des différents candidats du FN, j'entends quelque chose, et ce quelque chose, déplaisant, a un rapport avec les étrangers, l'immigration. Comme argument de campagne, un candidat FN du sud de la France, entrant dans un estaminet tenu par un sympathique autochtone, lui a posé cette question : «  Alors, c'est pour quand, le kebab, ici ? »
    Promouvoir des idées racistes, encourager la haine ou la crainte de l'étranger et rejeter sur lui toutes les fautes possibles et pas toujours imaginables n'est pas la solution idéale pour redonner du travail au chômeurs ou redresser l'économie (qui consisterait, par exemple à refabriquer tous les produits que les circonstances nous poussent à acheter ailleurs alors que notre pays les produisait autrefois). Il ne faut pas être un grand économiste (juste un peu logique) pour deviner que si tout est acheté à l'extérieur alors que les exportations se réduisent à vue d’œil, l'équilibre des compte va être rompu (ce qu'il est sans doute déjà et depuis fort longtemps). Or, grâce à la magie des chiffres et des statistiques, un ministre ou un Président de la République peut affirmer tout ce qu'il veut sur la croissance et l'estimer positive même si elle ne l'est pas du tout.
    L'impression de vacuité laissée par la crainte des étrangers (et pas n'importe lesquels : ces étrangers ont des pays d'origine bien définis et une religion qui n'est pas catholique – donc par laïcisable à la française) peut être substituée par l'autre notion qui a été proposée pour le vide et qui était un défilé populaire derrière un orchestre pendant la période du carnaval. Pour l'occasion, à défaut d'être du vent, du vide, de l'insipide ou de la flotte, la vague se trouve être une musique de carnaval, autrement dit, du « pipeau » (dans le sens de l'expression populaire bien connue !)
  • Qui est incertain, qui manque de précision, de fixité, de solidité.
    Lorsque la vague est un adjectif, le vide ou l'absence de matière est remplacée par une impression d'imprécision. C'est à dire que la seule alternative qui nous soit proposée c'est que le vague, quand il n'est pas rempli d'un grand vide (même si c'est une grande masse d'eau mise en mouvement par le vent) est du moins meublé par des idées dont la définition nous dit qu'elles sont incertaines, pas assurées, pas fixées ni déterminées, variables et mal assurées, sans forme et sans nature bien arrêtée. En parlant des personnes, qui manque de certitude ou de résolution.
  • Groupe de soldats avançant de façon ordonnée vers les lignes ennemies au cours d'une attaque.
    Voici un cas intéressant porté par la vague, et il est militaire.
    « Jean-Marie Le Pen est un ancien soldat des guerres d'Indochine et d'Algérie. Il arrive en Indochine en 1955, après la fin des combats, où il sert comme sous-lieutenant dans le 1er bataillon étranger de parachutistes. Il y est, entre autres, journaliste à Caravelle, l'organe du corps expéditionnaire français (1955). À cette époque, il montre déjà son goût pour la provocation, l'anti-intellectualisme et pour la préservation des mœurs : « La France est gouvernée par des pédérastes : Sartre, Camus, Mauriac » (L'Express, 18 mars 1955). »
    De plus : « Après son baccalauréat, obtenu à Saint-Germain-en-Laye en 1947, il entre à la faculté de droit de Paris, où il vend à la criée le journal de l'Action française, Aspects de la France. »
    Pour compléter, il convient de connaître ces informations sur le Front National.
    « Le Front national (FN) est un parti politique français nationaliste fondé en 1972 par Jean-Marie Le Pen et présidé, depuis le 16 janvier 2011, par Marine Le Pen. Son nom complet, à l'origine, était Front national pour l'unité française (FNUF).
    Situé à l'extrême droite de l'échiquier politique par la plupart des observateurs politiques, le FN se définit comme issu de la droite nationale, populiste et souverainiste ; la majorité de ses dirigeants récuse cette appartenance. Jean-Marie Le Pen a également évoqué son appartenance à l'« opposition nationale ».
    Dans les années 1980, le FN voit l'adhésion de monarchistes comme Michel de Rostolan, Thibaut de La Tocnaye ou Olivier d'Ormesson, qui reconnaissent dans le FN une continuité de l'Action française. »


  • Groupes d'athlètes partant à des moments précis dans le cas d'une participation nombreuse. On peut séparer ainsi les élites des amateurs, ou encore les juniors des seniors et des vétérans, ou encore les hommes des femmes.
    Cette possibilité de séparer les êtres les uns des autres trouve un écho dans les discours du Front National depuis sa création : les polémiques déclenchées très régulièrement par Jean-Marie Le Pen, ses condamnations pour propos racistes et xénophobes et les thèmes de ses discours regorgent de ces discriminations multiples. Finalement, pour combler le vide, le vent et l'eau qui définissait la vague, les propos incendiaires ne constituent pas un programme électoral consistant.
La vague n'est donc qu'une impulsion artificielle causée par l'expression des plus bas instincts de l'être humain que l'on sollicite, aiguise et exacerbe à l'aide de discours qui, même s'ils sont virulents et enflammés, ne reposent sur rien de concret. Un parti politique que les journalistes qualifient de populiste, souverainiste et national qui prétend rassembler en revendiquant l'exact contraire ne devrait, normalement, pas avoir autant d'audience. Le manque notoire de logique, une logique de base, bêtement mathématique, devrait pourtant susciter la méfiance. Malheureusement, cette idée de séparer les êtres les uns des autres, de classer les citoyens selon leur religion (alors que la République est supposée laïque) leurs origines ou leurs revenus, a tendance à se répandre (dans le sens de : épancher, verser, répartir, distribuer, étendre au loin, disperser et propager). Les dernières idées farfelues développées ces derniers temps par les ténors de l'UMP ne tournent-elles pas autour de la laïcité (qu'ils considèrent tous comme uniquement catholique), d'un débat sur l'islam (qui est la seule religion qui pose des problèmes), de l'identité nationale (encore un beau prétexte pour semer la pagaille) et d'une immigration décrite comme les « invasions barbares » dont les livres d'histoire du collège nous avaient donné une image d'épouvante.
Le fait que le Front National se soit approprié Jeanne d'Arc est significatif : c'est elle qui a bouté les anglais hors de France. Ce choix est également paradoxal : Sainte Jeanne avait quand même été condamnée en partie parce qu'elle avait repris un habit d'homme. Ce détail cocasse pourra être confronté aux propos homophobes de monsieur Le Pen que l'on peut aisément consulter dans des compilations disponibles sur le web.
Recette de cuisine législative :
La Déclaration de Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, dans son article 10, stipule que « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. »
La sentence est en deux parties :
  • « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses. » Cela a le mérite d'être clair, net et sans appel. Toutes et tous avons la garantie (du bloc de constitutionnalité, concept introduit par la loi de modernisation des institutions de 2008) de pouvoir professer la religion que nous voulons ou de ne pas en professer du tout.
    « La laïcité est un principe qui distingue le pouvoir politique des organisations religieuses et garantit la liberté de culte (les manifestations religieuses devant respecter l’ordre public) ; il affirme parallèlement la liberté de conscience et ne place aucune opinion au-dessus des autres (religion, athéisme, agnosticisme ou libre-pensée), construisant ainsi l’égalité républicaine. » (wikipédia)
    Par conséquent, la laïcité ne saurait être catholique, ni anti-musulmans ; elle ne devrait pas non plus prétendre à une priorité chrétienne, même s'il existe des raisons historiques indéniables, choyer certaines confessions et en mépriser d'autres. L'égalité républicaine consiste à considérer que toutes et tous, opinions, confessions, idées et tendances confondues, sommes des citoyens à part entière.
    La richesse d'une nation se juge par la profusion de ses idées et de ses opinions. Ces hommes et ces femmes qui se sont lancés dans des carrières politiques prétendent défendre nos intérêts, nos emplois, notre pouvoir d'achat, ont des projets ambitieux pour leur région, leur pays et l'Europe, et ne sont même pas conscient de la richesse qui leur est offerte gratuitement. Un slogan des années 70 disait « En France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées ! » La diversité des opinions est certainement la seule richesse dont nul ne pourra jamais nous spolier : l'erreur impardonnable serait de ne pas en exploiter l'inépuisable ressource.
  • Comme il fallait s'y attendre, le législateur a prévu une échappatoire. « Pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » C'est ainsi que sous couvert de troubles de l'ordre public des personnes se mettent à voir des gens prier dans la rue, empêchant la circulation des voitures, interdisant les riverains de sortir et ainsi de suite. Des sites recensent les captures vidéos. Je n'ai rien à en dire sauf ceci.
    « La visite du pape en France sous haute surveillance. Plus de 200 000 fidèles attendus à Paris, samedi 13 septembre, autant le lendemain à Lourdes : la première visite officielle du pape en France va attirer les foules. Les déplacements de Benoît XVI ont donc été réglés comme du papier à musique par le ministère de l'intérieur, qui s'apprête à déployer un dispositif sécuritaire maximal.
    A Paris, jusqu'à 5 400 policiers, gendarmes et agents seront mobilisés et répartis sur l'ensemble des lieux de cérémonie et itinéraires du pape. Par ailleurs, un hélicoptère survolera la capitale et plusieurs vedettes de la brigade fluviale surveilleront les ponts de la Seine.
    Un dispositif qui risque par ailleurs de perturber fortement la circulation des Parisiens, vendredi et samedi, puisque plusieurs stations RATP et gares SNCF seront fermées pendant les offices du pape, pour des raisons de sécurité (Cité, Saint-Michel, Saint-Michel-Notre-Dame et Cluny-La Sorbonne vendredi ; Invalides, Varenne, La Tour-Maubourg et Pont-de-l'Alma samedi). Mais Jean-François Demarais, responsable de la direction de l'ordre public et de la circulation à la préfecture de police, souligne que son objectif est de "ne pas trop perturber la vie parisienne", et rappelle à l'AFP que ce dispositif s'inscrit "dans la moyenne" de ceux des visites officielles "concernant une personnalité très menacée et très sensible". A Lourdes, où le pape se rendra samedi, 3 800 policiers et gendarmes seront mobilisés.
    Quant à la sécurité rapprochée du pape, elle est en préparation depuis plus de six mois. A Lourdes comme à Paris, les zones de passage de Benoît XVI sont inspectées avec soin. Et dès son arrivée, sa protection sera assurée conjointement par le service de protection des hautes personnalités (SPHP) et le RAID, unité d'élite de la police nationale, soit plus de cent hommes pour assurer la sécurité du souverain pontife. »
Le scandale est d'autant plus perfide qu'il est malicieusement ciblé. « Pour faire le moins de mécontent possible, il faut toujours taper sur les mêmes ! » (proverbe shadok.)
Définitions de bleu :
  • Le bleu est une des trois couleurs primaires. C'est également une des trois couleurs du drapeau français.
    Une couleur primaire ou élémentaire est une couleur dont le mélange avec ses homologues permet de reproduire une grande palette de couleurs,théoriquement l'ensemble des couleurs visibles.
    « La Primaire, qui a été fondée en 1878, est un programme d'enseignement religieux des enfants 3 à 11 ans de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. La Primaire a pour but de leur enseigner l'Évangile de Jésus-Christ et de les aider à vivre selon ses principes. » (mormonisme)
    Une élection primaire permet à un parti de désigner son candidat à une élection. (Le Front National et Marine Le Pen ne sont pas concernés par ce sujet, je l'ignorerai donc !)
    Primaire est également un adjectif qui signifie simpliste, basique (un enseignement du premier degré) mais aussi élémentaire, primitif, rudimentaire, sommaire voire arriéré.
  • Un bleu est une personne nouvellement arrivée dans une organisation (armée, police...). Elle garde souvent ce titre jusqu'à sa complète intégration. Cette appellation est due au fait qu'au XIX siècle, les nouveaux soldats entrant à la caserne arrivaient vêtus d'une blouse bleue.
  • Grande famille de fromages au lait de vache à pâte persillée par la moisissure pénicillium glaucum.
    Mes lecteurs pourront se divertir en laissant vagabonder leur esprit et méditer sur des associations d'idées possibles en relation avec le Front National à partir de ces quelques mots : fromage, vache et moisissure.
  • En cuisine, se dit d'un morceau de viande rouge grillée, saisie mais pas cuite.
    Un cuisinier vous parlera d'une pièce de bœuf bleue alors qu'elle est rouge, un œnologue vous dira que son vin rouge est encore trop vert, un aristocrate vous dira qu'il a le sang bleu, les personnes au teint fort pâle auraient du sang de navet, et quand les verts voient rouge, ils votent blancs. Comme quoi, il faut se méfier des apparences.
    Une autre expression couramment entendue attribue la couleur « bleu banane » à un objet quand sa couleur est indéterminée. De même, la couleur des oranges dans une aventure cinématographique de Tintin est bleue. Ne parlons pas de tout ce qui est bleu pétrole, bleu roi ou bleu de travail.
  • Hématome, saignement sous-cutané dû à un coup.
Que peut-on retenir de bleu sinon qu'il s'agit d'une couleur primaire ou élémentaire, adjectifs qu'on peut prendre dans des sens aussi variés que réducteurs. « Quand je n'ai plus de bleu, je mets du rouge ! » disait Picasso. Sauf que le rouge a déjà été pris par une tendance politique qui se veut diamétralement opposée (opération géométrique tout à fait possible, faisable et même réalisée dans un hémicycle). Le noir fait un peu deuil et fait plutôt penser aux anarchistes ou aux pirates. (A une certaine époque, Jean-Marie Le Pen, arborant un bandeau sur un œil qui semble ne pas toujours avoir été le même, pouvait passer pour un de ces pirates qui continuent de sillonner certaines mers du globe !)
Définitions de marine :
  • Ce qui concerne la navigation sur mer. On revient donc sur l'eau, l'immensité, les vagues, le souffle du vent et tout le tralala.
  • Puissance navale d’une nation, le matériel et le personnel de la navigation.
    Si je reste sur le plan de l'imagerie, la marine, dans le sens de militaire, peut évoquer des épisodes de l'histoire tels que la bataille d'Actium (Victoire d'Octave, le futur empereur Auguste, notre mois d'août, sur Marc-Antoine), la bataille d'Ascalon (victoire vénitienne sur l'Egypte en 1123), l'invincible armada (qui opposa le roi Philippe II d'Espagne à la reine Elisabeth Ière d'Angleterre), batailles d'Aboukir et de Trafalgar (Napoléon allait devenir l'Ogre pour les puissances européennes), et plus près de nous, Pearl Harbour, et le débarquement en Normandie. Immanquablement, on pensera à de l'armement, des canonnades dont le cinéma a retranscrit toute l'intensité, de l'artillerie, grosse et lourde.
    Une personne qui sort la grosse artillerie, est considérée comme mettant tous les moyens en œuvre pour parvenir à ses fins : un argumentaire de poids non pas par la justesse de ses propositions mais par la lourdeur des images qu'ils véhiculent, des idées qui paraissent concerner directement l'auditoire alors qu'elles sont erronées ou fausses, l'utilisation de clichés, de légendes urbaines et un sens profond pour la rhétorique (une discipline qui a fait ses preuves dans toute l'histoire de la propagande). Schopenhauer préconise même, lorsque les arguments classiques ne suffisent plus, le recours à l'insulte.
    Un argument de poids peut également s'imposer par les coups (qui peuvent être bas, fourrés, mortels, prémédités, d'Etat, de fourchettes, de grisou et ainsi de suite...) Ce qui nous ramène à l'hématome qui définissait le mot bleu. Toutes les idées et définitions citées finissent donc par se rejoindre et se justifier les unes les autre dans un naturel et une logique imparable (ou presque).
  • Ensemble des bateaux et équipages effectuant des voyages commerciaux.
    Je voudrais faire remarquer qu'un bateau est à la fois une embarcation ou un bâtiment conçu pour naviguer mais aussi le synonyme de bobard, histoire à dormir debout, coups de bluff etc... Pour l'occasion, la marine étant constituée des bateaux et des personnels, vu qu'un bateau peut avoir le sens figuré qu'on vient de voir, par un syllogisme facile mais tentant, il est permis d'envisager que Marine et tous ses partisans sont des propagateurs d'idées préconçues dont le bien fondé et la véracité ne sont pas les caractéristiques essentielles.
  • Une marine est un genre de peinture figurative dont le sujet est la mer, elle peut donc représenter les flots, les rives et des scènes de navires dans des situations diverses selon les époques : parfois en haute mer, parfois entrant ou sortant d'un port.
  • Le Corps des Marines des États-Unis , également abrégé en US Marine Corps ou par le sigle USMC, est une des cinq branches des forces armées des États-Unis. Il s'agit surtout des fusiliers marins (infanterie initialement de l'U.S. Navy) de ce pays mais le corps a aussi ses aviateurs et ses marins.
    Ces deux dernières définitions ont été citées pour exemple et n'amènent pas de commentaires particuliers.
Définition de bleu marine :
  • Le bleu marine est une couleur, une nuance foncée du bleu. Certains confondent le bleu marine avec le noir, particulièrement pour les vêtements.
    Le noir est la couleur des objets qui n'émettent ni ne reflètent aucune part du spectre de lumière visible. Même si le noir est parfois décrit comme achromatique, ou sans teinte, il peut en pratique être considéré comme une couleur, comme dans les expressions « chat noir » ou « peinture noire ».
    Le noir est l'antithèse du blanc, couleur du deuil en occident, souvent symbole d’obscurité et d’impureté, il devient alors celui de la non manifestation et de la virginité primordiale.
    Le texte de ces deux paragraphes est suffisamment explicite pour ne pas en rajouter : bleu marine, dans le sens de noir, ce n'est pas très reluisant, c'est le moins que l'on puisse dire.
  • Le bleu marine est plus méditatif et représente une force tranquille. Mais certains bleus, comme ceux de la glace, sont réfrigérant et montrent une image d'absolu d'où l'amour ou la compassion sont trop absents.
    Même commentaire que ci-dessus, mais cette fois pour bleu marine.
Au départ, nous avions un slogan dont une proposition attirait l'attention : « la vague bleu Marine ». Son côté poétique, linguistique élaboré était inhabituel et nouveau (comparé aux discours tonitruants du père Jean-Marie, peuplés de coquecigrues anachroniques et reposant sur des ragots et des bruits de couloirs du type « dis moi ce que tu crains le plus et je vais t'en parler comme si ça allait réellement t'arriver ») Au Front National, même si l'oratrice est plus agréable à regarder que l'était son prédécesseur, qui franchement était terrifiant et rappelait d'autres individus à la voix de stentor, les thèmes sont restés les mêmes. Ils puisent dans un émotionnel irréfléchi toute la puissance dont ils ont besoin pour paraître convaincants. Or, mes braves gens, il ne faut jamais prendre ce qu'on nous dit pour des faits avérés et vérifiés. Le meilleur moyen de se faire une opinion juste et plus conforme avec une réalité observable et véritablement observée, est de mettre dans la balance tout ce que les autres en disent. Désormais, vous n'avez plus d'excuse : avec internet, vous avez accès à tout, même aux sottises. Si untel dit blanc, un autre dira noir ou gris ou bleu : écoutez tous les arguments sans aucune exception.
Je vais citer un exemple significatif : si des politiques peu scrupuleux vous parlent des musulmans en leur prêtant des intentions, des opinions ou des actions particulières (elles peuvent être choquantes) en illustrant leurs propos d'exemples précis, demandez-vous pourquoi, fort étrangement, les personnes directement concernées ne sont pas invitées à témoigner ouvertement, à s'expliquer ou simplement à rassurer. Pour la question des mosquées qui secoue le monde laïque apostolique et romain (une contraction de même type que l'UMPS) posez-vous cette question : est-ce la mosquée, l'islam, le musulman, l'inconnu (ou le méconnu, qui n'est guère mieux), le souvenir d'un passé qui remonte, la vieille rancœur qui ressurgit d'on ne sait où, ou autre chose qui effraie ? Et pourquoi faudrait-il que cela vous effraie ?
Les politiques comptent sur la bêtise des citoyens pour obtenir ce qu'ils veulent alors que moi, je me base avec confiance sur l'intelligence de tous les citoyens (sans exclure quiconque) pour que vous obteniez ce que la Constitution vous garantit : une république sociale et démocratique où chacun peut s'exprimer librement et agir dans l'intérêt de tous.
Pour conclure, il est des vagues bleu marine qui ressemblent à des marées noires : les oiseaux qui s'y frottent ne revolent jamais.

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