jeudi 10 novembre 2011

Du vocabulaire... de rigueur!

Définition de politique de rigueur.
Etymologie : du latin rigor, raideur, dureté, rigueur, sévérité, austérité, rigidité.
La rigueur est une sévérité inflexible, un respect méticuleux des règles, une grande exigence intellectuelle (exactitude, précision, logique du raisonnement de l'argumentation).
Une politique de rigueur est une politique économique qui a pour objectif à court terme de revenir à la stabilité des prix et de réduire les déficits publics et extérieurs.
Synonyme : politique d'austérité
  • L'inflation est considérée comme un facteur perturbant le fonctionnement de l'économie. Elle favorise de trop fortes hausses des salaires, ce qui réduit la rentabilité des entreprises et alimente le cercle vicieux de l'inflation.
  • L'accumulation des déficits provoque un accroissement de la dette du pays et, en conséquence, une augmentation des impôts pour en payer les intérêts.
A moyen et long terme, la restauration des équilibres budgétaires et du compte de transactions courantes de la balance des paiements favorise la confiance dans l'économie, la stabilité du taux de change, l'investissement des capitaux étrangers, la compétitivité économique et donc le niveau de l'emploi.
Exemples de mesures mises en œuvre dans une politique de rigueur visant à réduire l'inflation par la limitation de la demande et de la création de monnaie :
  • hausse des taux d'intérêt,
  • blocage des salaires,
  • réduction des déficits publics (diminution des dépenses publiques, hausse des impôts et/ou des cotisations sociales).
Les risques de ralentissement de l'activité économique à court terme du fait d'une politique de rigueur incitent les gouvernements qui ont plutôt des visées électoralistes à court terme, à repousser la mise en place d'une telle politique - faisant de rigueur un mot presque tabou - , ce qui aggrave les perspectives économiques à moyen terme.
Définition de l'austérité.
Etymologie : du latin austeritas, saveur âpre, sévérité, gravité, sérieux.
L'austérité est le caractère de ce qui est austère, c'est-à-dire sévère, dépouillé, rigoureux dans les mœurs et dans les actes.
En matière religieuse, l'austérité est la rigueur des pratiques et des doctrines. Au pluriel, les austérités désignent la mortification des sens et de l’esprit.
Politique d'austérité.
Au niveau d'une nation ou d'une entreprise une politique d'austérité est le nom donné, en général par les opposants et de manière péjorative, à une politique qui vise à assainir la gestion.
Synonyme : politique de rigueur
S'il s'agit de résorber les déficits publics ou de diminuer l'endettement du pays, une politique d'austérité cherchera à réduire les coûts et les dépenses publiques.
Dans la lutte contre l'inflation, la politique d'austérité essaiera de faire baisser les prix par la diminution de la consommation en s'appuyant sur divers leviers :
  • la restriction du crédit,
  • la modération salariale,
  • l'augmentation de la pression fiscale...
Définition de la politique budgétaire.
La politique budgétaire est la politique que met en œuvre un gouvernement pour agir sur l'économie du pays en utilisant son pouvoir de fixer les recettes de l'Etat et les priorités dans la répartition des dépenses publiques.
La politique budgétaire est un des moyens dont dispose le gouvernement pour réguler l'économie et conduire des actions sur les cycles économiques afin d'atteindre ses objectifs que ce soit dans le domaine social ou économique.
Le gouvernement peut par exemple compenser un ralentissement de la demande privée par une augmentation des dépenses publiques afin de stimuler l'économie, mais avec pour conséquence une dégradation du solde public. Ex : politique de relance.
À l'inverse, lorsque la croissance économique est élevée, la discipline budgétaire permet de réduire le déficit public, voire de constituer des excédents qui pourront être utilisés ultérieurement.
Les principaux leviers de la politique budgétaire sont :
les recettes :
  • niveau des taux d'imposition,
  • bases fiscales des différents impôts,
  • emprunts,
  • recettes exceptionnelles (portefeuille d'actifs publics...) etc.
les dépenses publiques :
  • dépenses sociales (minima sociaux),
  • aides aux entreprises,
  • investissements en infrastructures publiques,
  • aides à la recherche,
  • exonérations fiscales,
  • salaires des fonctionnaires,
  • emplois publics, emplois aidés, etc.
Compte tenu de la difficulté d'anticiper la conjoncture économique, de la lenteur de mise en œuvre des politiques budgétaires, des effets pervers possibles de chaque décision, du rôle joué par la confiance des agents économiques, de l'interdépendance des économies des différentes nations, les politiques budgétaires "discrétionnaires" qui favorisent la demande se sont souvent soldées par des échecs et ont contribué à accroître l'endettement public.
Définition de l'expression "politique de relance".
Etymologie : du latin re, préfixe indiquant la répétition, et lanceare, manier la lance.
Une politique de relance est une politique économique conjoncturelle qui a pour but de relancer l'économie d'un pays ou d'une zone monétaire lorsque ses capacités de production sont sous-utilisées. La finalité est de favoriser la croissance pour lutter contre le chômage.
La relance sous la forme d'une politique budgétaire s'appuie sur la théorie keynésienne qui veut que les entreprises embauchent en fonction des besoins, c'est-à-dire de l'activité économique et non en fonction de la variation du prix de la main d'œuvre.
La relance par la demande s'effectue par une augmentation des dépenses publiques. Celle-ci va conduire les entreprises à augmenter leur production et la demande de travail et donc à embaucher. L'augmentation de l'activité économique va générer une hausse des recettes fiscales qui va partiellement compenser celle des dépenses publiques. Cependant, une politique de relance suppose que les ménages ne croient pas qu'elle soit suivie d'une augmentation des impôts.
Dans une économie ouverte, c'est-à-dire avec une part importante des produits de consommation importés, les politiques de relance par la demande perdent de leur efficacité car la production nationale augmente peu.
Les inconvénients d'une politique de relance par la demande sont l'accroissement de la dette de l'Etat, du déficit commercial et de l'inflation, ce qui fait que les relances par la demande sont souvent suivies de plans de rigueur afin de réduire les déficits et diminuer l'inflation.
Les différents moyens de relance sont :
  • la relance budgétaire par l'augmentation des dépenses de l'Etat ou la baisse des impôts afin d'augmenter les revenus disponibles des ménages.
  • la relance par la réglementation qui vise à accroître les revenus des bas salaires (ex: augmentation du salaire minimum). Ceux-ci ont en effet tendance, en proportion, à consommer plutôt qu'épargner.
  • la relance monétaire. Une baisse des taux d'intérêt favorise la demande de crédit par les ménages et les entreprises, ce qui favorise une hausse de l'activité économique.
(sources : toupie.org)
La rigueur :
A. − 1. Sévérité inflexible, austérité, dureté extrême. Mesures de rigueur; rigueur des sanctions, des lois; user de rigueur; traiter qqn avec rigueur. La rigueur des condamnations se trouva être assez variable suivant la composition des jurys (De Gaulle, Mém. guerre, 1959, p. 107):
Ces rapides progrès du duc de Bourgogne n'intimidaient nullement le connétable et les conseillers du roi. Ils continuaient leurs préparatifs de défense, et leur autorité s'exerçait avec d'autant plus de rigueur sur la ville de Paris.
Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 132.
En partic. Austérité matérielle imposée par la pénurie. La baisse des prix pétroliers explique la moitié du ralentissement de l'inflation en 1985. C'est donc elle qui a beaucoup contribué à mettre fin à la rigueur (Le Monde, 6 sept. 1986, p. 1, col. 5).
MOR., PHILOS. Application stricte, sévère de principes moraux, religieux. Religion de la rigueur, leur christianisme [des Jansénistes] est aussi fondé sur le refus de la contrainte intérieure (Encyclop. univ. t. 9 1968, p. 293, col. c).
2. Comportement austère, rigide, aspect dur, sévère. Son large front ridé, ses joues blêmes et creuses, la rigueur implacable de ses petits yeux verts (Balzac, Peau chagr., 1831, p. 28). Cette sorte de rigueur puritaine par quoi les protestants, ces gêneurs, se sont rendus souvent si haïssables, ces scrupules de conscience, cette intransigeante honnêteté, cette ponctualité sans scrupule, c'est ce dont nous avons le plus manqué (Gide, Journal, 1940, p. 47).
3. Domaine milit. Arrêts de rigueur. V. arrêt I A 2 b.
4. Vx. Juges de rigueur. V. juge A 1.
5. Loc. verb. Tenir rigueur à qqn. Garder du ressentiment envers quelqu'un, lui en vouloir, ne pas lui pardonner quelque chose. Mlle Ventura et M. Escande jouèrent en tenue de ville la scène fameuse du quatrième acte de Bérénice. Expérience saisissante, à laquelle j'eusse voulu que M. Pierre Hamp assistât, lui qui tient rigueur à Racine de ses empereurs et de ses princesses (Mauriac, Journal 3, 1940, p. 250).
B. − Fréq. au plur.
1. Vieilli ou littér. Trait de sévérité, de cruauté, acte d'austérité. Partout les Orléanais étaient défaits; mais leur obstination était extrême, comme aussi les rigueurs exercées contre eux (Barante, Hist. ducs Bourg., , t. 3, 1821-24, p. 260). M. Beaussier le constatait avec l'âpre joie d'une âme droite qui applaudit aux rigueurs de la justice (A. France, Vie fleur, 1922, p. 361).
2. Littér. Insensibilité, froideur d'une femme envers les avances d'un homme. Deux ans où votre souvenir n'a cessé d'être présent à mes yeux. Depuis le jour où, désespéré de vos rigueurs, j'ai quitté Paris pour vous fuir (Sardou, Rabagas, 1872, i, 10, p. 23). Elle traitait ses soupirants avec moins de rigueur qu'elle ne me l'avait laissé imaginer (Beauvoir, Mém. j. fille, 1958, p. 300).
3. Caractère dur, pénible d'une chose difficile à supporter. Les rigueurs du destin, de la guerre, du métier, de la misère, de la prison, de la vie. Il examine attentivement cet enfant gâté qu'une mère craintive voudrait soustraire aux rigueurs de la discipline et aux dangers de la guerre (Sand, Hist. vie, t. 1, 1855, p. 214).
En partic. Rigueur du climat, de l'hiver, des saisons, du temps, des frimas. Quant aux plantes qui semblent vivre aux dépens des arbres, et contribuer à leur destruction, comme les mousses et les lichens, il est probable, quoi qu'en disent quelques cultivateurs, qu'elles leur sont utiles et qu'elles les revêtent en quelque sorte contre les rigueurs du froid (Bern. de St-P., Harm. nat., 1814, p. 325).
C. − Caractère d'exactitude, de précision, de régularité de quelque chose. Rigueur scientifique, mathématique, logique; rigueur d'une démonstration, d'un raisonnement, d'une expérimentation. Cet idéal ne pourra être atteint, mais ce sera assez de l'avoir conçu et d'avoir ainsi mis la rigueur dans la définition de l'unité de temps. Le malheur est que cette rigueur ne s'y rencontre pas (H. Poincaré, Valeur sc., 1905, p. 40). Si construites puissent paraître ces séquences, un auditeur, à l'écoute, sentira une vague organisation, mais sera loin d'en percevoir la rigueur (Schaeffer, Rech. mus. concr., 1952, p. 34).
Loc. adv. Avec rigueur. Rigoureusement, avec la plus grande netteté. Lorsque la série dodécaphonique est utilisée avec rigueur pour la première fois dans la valse de l'opus 23, Arnold Schoenberg n'opère pas une révolution « radicale » (Samuel, Art mus. contemp., 1962, p. 177).
D−. Loc. adj. De rigueur. Exigé, imposé par les usages, l'étiquette, le règlement. Mademoiselle, dit-il enfin, en tâchant de garder une sévérité froide, il y a des choses que nous ne pouvons tolérer... la bonne conduite est ici de rigueur (Zola, Bonh. dames, 1883, p. 721). Les votes ont lieu à main levée, sauf en matière contentieuse ou disciplinaire où le scrutin secret est de rigueur (Encyclop. éduc., 1960, p. 121).
Fam. Imposé par une nécessité ou une convention plus ou moins factice. Quand on revient au front pour la troisième fois (...) l'enthousiasme n'est pas de rigueur (Alain, Propos, 1921, p. 222). J'ai été assez frappé de tes soupçons pour ne voir Mathilde qu'avec les précautions de rigueur (Vailland, Drôle de jeu, 1945, p. 49).
Il est de rigueur, c'est de rigueur. Il est recommandé, il est habituel. Oui, je lui ai déjà donné un petit abbé (...) C'est de rigueur (Dumas père, Mariage sous Louis XV, 1841, iii, 7, p. 156). Il est de rigueur, pour les gens qui se piquent d'élégance, d'avoir leur loge aux Taureaux, comme à Paris, une loge aux Italiens (Gautier, Tra los montes, 1843, p. 76).
En partic.
Subst. (désignant un vêtement, une tenue) + de rigueur. Vêtement, tenue, sans lesquels on ne peut être admis en certains lieux. Chacun peut faire un appel à ses souvenirs, et sourira, certes, en évoquant devant soi toutes ces personnes endimanchées, aussi bien par la physionomie que par la toilette de rigueur (Balzac, Cous. Bette, 1846, p. 134). Cette même nuit, j'ai vu quelque chose de sinistre. C'était un jeune homme élégant qui soupait à une table de brasserie, en habit de rigueur, une rose à la boutonnière, tout seul (Renard, Œil clair, 1910, p. 21).
Délai de rigueur. Délai, date à respecter impérativement. Quand ses juges rentrèrent, à l'expiration du délai de rigueur, ils furent si émerveillés de son épure, qu'ils ajoutèrent à la mention promise: nous n'avons pas un autre dessinateur de talent égal (Verne, 500 millions, 1879, p. 103).
E. − Loc. adv.
1. Vx ou littér.
a) À la rigueur. Avec une extrême sévérité, strictement. [Ce code] a toujours paru tellement sévère aux tribunaux, qu'ils n'en ont jamais exécuté les dispositions à la rigueur (Le Moniteur, t. 2, 1789, p. 368). Il va de soi que pas plus que tout autre, il ne faut prendre cette classification à la rigueur (Mounier, Traité caract., 1946, p. 28).
b) En rigueur. Exactement, rigoureusement. Dans leurs arbres encyclopédiques, Bentham et Ampère abandonnent tous deux le principe de la division tripartite de Bacon, et tous deux se proposent d'appliquer en rigueur le principe de la classification dichotomique (Cournot, Fond. connaiss., 1851, p. 504). Il est impossible en rigueur de faire la part du jeu, de délimiter, dans la vie individuelle et dans la vie sociale, un domaine propre du jeu (Jeux et sports, 1967, p. 1158).
2. a) À la rigueur, à l'extrême rigueur
α) En allant à la limite de l'acceptable. Je comprends à la rigueur que vous n'aimiez pas le gouvernement. Mais ça n'empêche pas de gagner son pain, ce serait trop bête (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 671). Cela pourrait, à l'extrême rigueur, se concevoir si ces gigantesques et interminables entreprises devaient avoir un caractère définitif (L'Hist. et ses méth., 1961, p. 1099).
β) En cas de nécessité absolue, s'il n'y a pas d'autre solution. Elle acceptait à la rigueur de coucher avec Luzzati, et d'être sa femme pendant deux ans, si elle était sûre de ne pas avoir d'enfant de lui, et sûre d'en avoir un de moi (Martin du G., Confid. afric., 1931, p. 1124).
b) En toute rigueur. Rigoureusement, absolument. Pascal atteint dès lors la théorie classique dans sa précision, il la fixe telle qu'elle sera reprise et maintenue en toute rigueur dans notre prose depuis La Bruyère jusqu'à Fontanes (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 3, 1848, p. 37).

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